



Hey hey... Le Paraguay... haciendo el dedo
Il est 20h, il fait nuit depuis 2h lorsque je me frappe à la porte d'Anilo.
- Hola! Soy un amigo de Augustin, encontrado en Clorinda...
Pas facile de débarquer chez des inconnus à cette heure là pour leur annoncer que tu dors chez eux avec seulement un mot d'un vieil Argentin, soit disant copain à eux, croisé sur le chemin la veille. Hay que romper el hielo !!!! Un peu méfiant au début, protégeant sa femme et sa fille, il finit par m'accepter et me propose de dormir dans la cuisine d'été d'une maison voisine inoccupée.
Il faut dire qu'il faut vraiment le vouloir pour atterrir ici. Augustin m'avait expliqué;
- Quelques kilomètres après la sortie d'Asuncion, dans le grand virage à droite après le contrôle de Police au bout du pont surplombant le rio Paraguay, tu entres à droite dans le "barrio Montecito". Ensuite tu demandes.
Heureusement qu'une aide fortuite m'a rapproché de chez Anilo à moto à travers un enchevètrement de ruelles terreuses pour me débarquer directement devant chez lui sur les rives du Rio Paraguay sinon j'y serai encore. La persévérance a encore porté ses fruits... C´est pénible tous ces gens adorables...
Au poste avancé de police,
j'ai beau expliquer que ce n'est pas une question financière mais plutôt une démarche humaniste qui a l'avantage de me faire rencontrer du monde (le voyage: n'est-ce pas aller au bout du monde pour un bout de conversation ?), les hommes en uniforme sont plutôt réticents à ma formule: je dois attendre le bus.

Mais quelques lancers de pièces de 500 guaranies plus tard (le jeu consiste à les jeter contre le trottoir de la cahute de contrôle et celui qui est le plus prés remporte l'argent des autres joueurs), je suis un pote. Ils arrêtent alors le premier camion pour que je continue mon périple. Adioooooooos. Au péage suivant, je dois prendre des photos, raconter quelques vannes, me moquer avec un militaire d'un de ses collègues et l'on me glisse dans un autre véhicule. 700 km plus loin à travers cet ancien lac salé (ce qui pose d'ailleurs des soucis d'eau portable), je dors devant le poste d´immigration.
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C'est juste surprenant d'observer un grand gaillard blanc en salopette bleu marine parler en allemand avec sa femme vétue comme Laura Ingalls et présenter des cartes d'identités boliviennes ?? Ils font parti de la vaste communauté mémonite qui réside tranquillement dans cette partie nord du pays.
Là ou la route s'arrête, l'aventure commence.... ou encore:
Là ou la route Paraguyayenne s'arrête, la Bolivie commence.

12h dans un autre bus pour Santa Cruz avec toujours le même décors aux abords de la seule route qui traverse les 1500 km précédents : des estancias, des estancias et des... estancias. Selon les régions, le nombre de bête autorisé à l'hectare varie. C'est :
1 cabeza/ 2 ha dans la région de Santa Cruz
1 cabeza/ 5 ha dans la région d'El Chaco
1 cabeza/ 3 ha dans la région d'El Beni.
Je crois que l'on peut parler définitivement parler de culture exensive ! Hay esta mañana des cabezas de ganado !!
BOLIVIA

J'avais pour idée d'essayer de trouver une barque ou un bateau de pêcheurs sur le Rio Ichilo pour remonter en une semaine jusqu´à Trinidad, idée certes intéressante mais néanmoins irréalisable en cette saison hivernale, le niveau d´eau n´étant pas suffisant donc... demi tour !! Hay que ver para saber ! Veni, vedi, reparti... a Santa Cruz ou le climat, s'il s'était réchauffé au fil de la latitude depuis le début de mon périple s'est considérablement dégradé au point que depuis 2 jours il fait plus que frais. Il pleut des cordes et les gens ont mis des pavés pour traverser les rues devenues rivières... et comme les petites rivières font les grands fleuves...
Il pleut des cordes, il caille, je mange une brochette dans un petit restau. Faute de place, Gonzalo, se pose en face de moi. Il prends le bus pour Trinidad comme moi, celui de 20h30 comme moi, avec la compagnie TransJuarez comme moi, la place numéro 27 comme...



Le bus de nuit part sous les huées avec plus d'1h30 de retard, et comme si ce n'était pas suffisant, s'arrête pour charger davantage de cartons. Les gens se manifestent, se lèvent, demandent ouvertement si c'est un camion de marchandises ou un bus, proposent d'éventrer le colis qui prend la place de passagers qui ont payé leur place
et doivent rester debout, pestent contre le compagnie, critique la gérante. Impossible, il faut le décharger... atmosphère d'autant plus glaciale que la pluie entre par une fenêtre brisée et l'air frais par des trous dans le plancher qu'ils faut boucher avec les pieds.
- Combien va-t-on nous rembourser pour le retard avec l'horaire initial ? Lance-je à la volée.

Cela fait beaucoup rire les passagers. Gonzalo voyage avec Ambrosio et Daniel, deux de ses oncles dont le dernier qui vit sur place. Le courant passe instantanément avec Daniel, cet ancien a travaillé et voyagé dans toute l'amérique du sad et notament au Brésil. Maillot des verts sur les épaules, il me fournit tous les renseignements que je cherche depuis quelques jours les trajets en bateau (il existe plusieurs ports, une semaine de navigation est nécessaire jusqu´à Guayaramerin à la frontière du Brésil, prix, démarches...). Les électrons circulent tellement bien que je me retrouve chez eux. D'ailleurs selon eux, il y a trop de coincidence, c'est forcément Dieu nous a fait rencontrer!



HAY QUE VER PARA CONOCER
HAY QUE VIAJAR PARA HABLAR
HAY QUE SABER PARA ENTENDER
Cuidese amigos